Histoire d’une entreprise : Titus

Cette rubrique a été conçue dans le but de rendre hommage à certaines entreprises peu connues comparé aux mastodontes tels Nintendo, Capcom, Konami,… et pourtant qui ont participé à l’Histoire de notre console portable favorite. Ces dossiers permettront de rendre hommage à ces firmes ayant pondu quelques monuments du patrimoine vidéoludique.
Nous parlerons dans cet article d’une entreprise française, qui a oeuvré sur le Game Boy à la fois en qualité de développeur, éditeur et distributeur : TITUS INTERACTIVE.

Histoire de l’entreprise

Créée en 1985 par deux frères français (Eric et Hervé, l’entreprise a d’ailleurs eu comme premier nom EH Services), l’entreprise a commencé son travail dans l’industrie du jeu vidéo en développant pour des éditeurs tiers. Par la suite, il développent un jeu qui connut un énorme succès sur les machines Amstrad, PC, Amiga et Atari ST : Crazy Cars. Il y eut d’ailleurs deux suites à ce titre incontournable de l’Histoire vidéloludique.

Petit à petit, la marque commence à développer des titres de qualité, et s’impose sur le marché des consoles : Fire & Forget II (Master System et GX 4000), Titan (NES, PC Engine),… La firme aura des studios en France, mais aussi aux USA, au Japon, en Angleterre…

Les débuts sur Game Boy

Au début des années 1990, Titus Interactive acquiert les droits d’utilisation des Blues Brothers. Le jeu sera adapté sur les micro ordinateurs, mais aussi sur consoles NES et Game Boy. L’adaptation Game Boy n’a pas à rougir comparée aux versions Amiga et ST du jeu. Pour cet opus, Titus s’occupera de la distribution aux Etats-Unis mais confiera la distribution aux entreprises suivantes pour le reste du monde : Bandai (France & Benelux, Royaume-Uni), Proein (Espagne), Stadlbaeur (Suisse), Waldmeier (Autriche), Gig (Italie), Bergsala (Pays scandinaves), Yeno (Allemagne).

La zoubida, haut symbole de la culture française

Les plus anciens se souviennent du hit de Vincent Lagaf nommé «la Zoubida», qui fit suite à sa chanson «bo le lavabo». Cette chanson fut numéro 1 du top 50 pendant plusieurs mois. La chanson raconte l’histoire d’une femme maghrébine nommée «Zoubida» voulant aller danser mais sa mère lui refuse. Dans le clip, on peut voir les extraits d’un jeu vidéo. Ce jeu (excellent au passage), sorti sur micro-ordinateurs fut baptisé «Les aventures de Moktar». L’opus connut un franc succès, il a donc été étudié le fait de le vendre à l’étranger. Cependant, il aurait été difficile d’exporter le personnage de Vincent Lagaf, inconnu en dehors de nos frontières. Ainsi, Titus reprit le level design et modifia le sprite du héros en le remplaçant par le renard symbolisant la firme.
Sur Game Boy, cela donna naissance en 1992 au jeu «Titus the Fox : To Marrakech and back», excellente adaptation. Le jeu sortit aussi sous ce nom à l’étranger sur les supports Amstrad, Amiga, ST, Game Boy Color,…Titus Interactive s’occupera de la distribution aux USA, mais léguera la distribution à Bandai pour la France, et à Mindscape puis Laguna pour les pays germanophones. Horelec s’occupera de la distribution sur la Belgique, mais cette version est relativement rare (version FAH-1). Cependant, trois ans plus tard (en 1996 et 1997), une réédition sur le marché français fut lancée (FAH-2), mais cette fois Titus s’occupera de la distribution. D’un point de vue collection, il faut donc savoir que ce titre dispose donc de plusieurs versions avec des logos de distributeurs différents.


Suite de l’aventure sur Game Boy

Entre 1992 et 1995, Titus lancera plusieurs opus. Du côté Game Boy, il faut compter sur le jeu «Blues Brothers Jukebox Adventure», suite mettant en scène Jack et Elwood Blues. Le jeu ne fut distribué qu’en Europe. Sortiront l’excellent «Prehistorik Man», et le sublime «Lamborghini American Challenge».
Plus tardivement, Titus s’occupera de l’édition du jeu issu des studios Rare : Monster Max. Le jeu ne sera distribué qu’en Europe par les entreprises Vidis, Telstar et Titus eux-mêmes.


Sur la fin de vie de la console, sortiront les jeux «Superman» et «Un Indien dans la Ville». Pour l’anecdote, le fondateur de Titus nous a expliqué que TF1 s’était occupé de la distribution de ce dernier, les droits du film leur appartenant. Titus fut donc chargé de développer un jeu en six mois, et une commande de plus de 100 000 exemplaires fut lancée auprès de Nintendo (ce qui explique le nombre de codes dates différents). Une publicité fut même créée pour la télévision afin de promouvoir le jeu.

Fin de Titus Interactive

Par la suite, la Game Boy laissa sa place à la Game Boy Color, support sur lequel Titus fut aussi actif : Quest for Camelot, Hercules, Robocop, Rox,
L’entreprise, entre temps entrée en bourse (1996), acquit plus tard des parts de marché et devint actionnaire principal de Interplay et Virgin.
Malheureusement, quelques années plus tard elle fit faillite et mit la clé sous la porte (2005).
Cependant, pour tous les joueurs, ce petit logo avec cette tête de renard aura marqué les esprits, et est un gage de jeu de qualité reconnu par tous les joueurs. Et puis après tout, c’est du made in France !
Pour les fans de la marque, une version remasterisée de Titus the Fox : to Marrakech and back est sortie sur PC en 2016.

  • Related Posts

    Adventures of star saver – Le sauveur des étoiles….

    Haaa les vacances !! Autrefois, je chérissais plus que tout ces 2 mois d’été, qui étaient synonyme de détente, de glandage et de séances de jeux à n’en plus finir.A…

    Ophide : the Snake Reborn

    Objet culte de la fin des années 90, la série des Nokia 3210 / 3310 aura marqué la mémoire de toute une génération. Si sa résistance légendaire est certainement ce…

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *