Bubble Ghost.. Qui es-tu petit fantôme ?

L’univers micro des années 80 / 90 est un véritable eldorado ludique, riche de centaines de pépites que le commun du joueur console de la belle époque peut ne jamais avoir connu.
Si certains chefs d’œuvre sont restés hermétiquement cantonnés à l’univers joystick / clavier / souris à l’époque (NDR : au hasard ? Captain Blood, Agony, Vroom, le Manoir de Mortevielle, Netherworld … que nous ne pouvons que vous conseiller de tester si vous ne les connaissez pas), il est d’autres titres qui ont eu une diffusion sur les supports console bien plus large, avec plus ou moins de succès (par exemple Shadow of the beast ou Nebulus). Et il en est un qui est un peu ovni sur ce sujet des adaptations console, pour avoir eu une diffusion extrêmement réduite sur console : Bubble Ghost. Extrêmement réduite dites vous ? Bah oui, puisqu’il n’a jamais été porté que sur une seule et unique console : la Game Boy !!

Mais qui es-tu petit fantôme ?

Bubble Ghost est un jeu de réflexion / action. Le principe, révolutionnaire pour l’époque, consiste à diriger un petit fantôme qui lui-même doit diriger une bulle dans les 35 salles d’un château. En se déplaçant autour de la bulle suivant les huit directions (horizontales / verticales / diagonales), et en soufflant, le fantôme peut diriger sa copine (la bulle, faut suivre), pour l’amener vers la sortie de la salle. Là où ça se complique, c’est que sont disséminés dans la salle moultes obstacles. Et que, un peu comme le footballeur moderne, le moindre contact avec un des objets de la salle se soldera par un éclatement soudain de la bulle, une remontrance du fantôme, et une vie perdue (l’analogie avec le footballeur s’arrêtant donc à sa fragilité). Et bien évidemment, au fil des niveaux, atteindre la sortie demandera de plus en plus d’observation, de réflexion et d’adresse, la difficulté augmentant graduellement avec le jeu. Enfantin au début, il devient vite exigeant et addictif, tant on a envie de découvrir le tableau suivant.

Je ne qualifierais pas Bubble Ghost de jeu difficile, il faut beaucoup de Die & Retry (So 90’s) pour finir ce jeu, mais une fois un tableau maitrisé, on le bouclera plus facilement sur le run suivant, etc. Jusqu’à masteriser l’ensemble des 35 niveaux. Bon, les plus téméraires d’entre vous pourront aussi tenter le speedrun sur ce jeu, mais avec un record du monde à 5m16s, je vous souhaite beaucoup de courage et de pugnacité !

Une adaptation fidèle du titre micro

Nous l’avons dit, Bubble Ghost est adapté d’un jeu micro, initialement sorti sur Atari ST. Et la bonne surprise, c’est que cette adaptation s’avère fidèle à l’original ! Chose suffisamment rare à l’époque pour le noter, du fait des capacités plutôt limitées de la Game Boy face aux « monstres de puissance » micro. On retrouve ainsi les mêmes 35 salles que la version Atari ST, avec le même level design (avec forcément des simplifications graphiques, et des réajustements des tableaux pour tenir sur l’écran de la Game Boy).
Certes, on n’est plus exactement sur la même mécanique de gestion des déplacements à la souris que sur Atari ST. Ici, on dirige le fantôme avec le pad, et le jeu orientera automatiquement le fantôme vers la bulle en fonction de leurs positions respectives. Les développeurs de Pony Canyon ont fait un bon boulot dans l’adaptation de la mécanique de jeu, c’est la première et unique fois que le fantôme sera dirigé par un pad (eh oui, sur micro, c’était souris ou joystick), et la prise en main du jeu est fluide et intuitive.

Et la réalisation dans tout ça ?

Simple et efficace. Les graphismes sont sommaires mais précis. Mention particulière pour le design et l’animation du fantôme (trop choupinou … c’est la meilleure traduction de « Kawaï » que j’ai trouvée, désolé). Pour le reste, quelques éléments de décors qui bougent, mais rien qui fasse pâlir les 4,19 MHz du processeur de la console. La gestion des collisions est parfaite, tout se fait au pixel près, pas d’injustice, vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-même si vous effleurez un angle de mur avec votre bulle.
La musique de ce jeu est également notable. Pas tant par son originalité ou sa virtuosité: on est sur de la musique très « game Boy », entrainante et positive, mais un tantinet agaçante au fil des tableaux. Non, la musique est notable car elle est la deuxième réalisée pour un jeu video par un certain Hitoshi Sakimoto. Un monsieur qui quelques années plus tard réalisera les musiques de titres obscurs tels que Final Fantasy Tactics, Vagrant Story ou Radiant Silvergun

Dernier point, un Game Boy Database Awards est officiellement remis à Bubble Ghost (quoi, je viens de les créer, ces awards ? Là maintenant ? Oui, et alors ? Oui, j’ai le droit) dans la catégorie « Cover art choupinou » pour la magnifique illustration sur la boite qui a fait fondre tous les joueurs à l’époque.

Merci Monsieur Andreani

Vous l’aurez compris, Bubble Ghost fait partie de ces jeux qui ne brillent pas par une réalisation affolante ou une longévité démesurée. Véritable madeleine de Proust pour beaucoup de joueurs de l’époque, il incarne en fait parfaitement cette période où le jeu était fait de beaucoup de Die & Retry, de rétine explosée à scruter le frottement de pixels, mais d’un plaisir de jeu et de rejeu sans cesse renouvelé. Bref, merci Mr ANDREANI pour ce plaisir.

Eegbor

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