Est-ce que vous vous souvenez de cette super série animée qui passait à la TV ?
Non ? Cherchez bien ! Toujours pas ?
Pas de panique, nous non plus ! …
Vu que nous n’étions même pas nés lorsque celle-ci passait à la TV…
Car oui, Rocky et Bullwinkle est une série animée datant de 1959 et qui fut active jusqu’en 1964. Elle est très connue aux USA et a même influencé d’autres séries comme notamment les Simpson.
La série jouissait d’une solide réputation au pays de l’oncle Sam, mais était tombée plus ou moins dans l’oubli jusqu’en 1990, où Buena Vista décida de ressortir toute la série sur VHS et laser disk ce qui relança l’intérêt du public pour ce show.
Tout naturellement, THQ fleura bon le filon de la nostalgie et passa commande auprès du studio Imagineering (hmmm vous la sentez la douillle arriver ?) pour le développement de ce titre sur Game Boy en 1991.

Celui-ci ne sortit qu’aux USA en 1992 et bizarrement nulle part ailleurs. Cela vient surement du fait que la série animée était surtout connue aux USA et très peu dans le reste du monde.
A noter que le titre fut tout de même importé en France pour notre plus grand malheur par Micromania ainsi qu’en Allemagne.
Avant de passer au vif du sujet, sachez que la série est très sympa, satirique et qu’elle passe encore très bien de nos jours. Les personnages sont rigolos, c’est bien dessiné (bien que très années 60) et l’univers est cohérent.
Ayant eu la chance d’avoir la boite du jeu en main, j’ai de suite été attiré par les graphismes mignons tout plein et fidèles à la série animée, ainsi que par la cover qui, a défaut d’être jolie, a attisé ma curiosité.
Ni une ni deux, j’insère la cartouche dans ma DMG, et là c’est le drame. L’inertie du personnage est dégueulasse au possible, c’est leeeeeennnnt, les personnages sautent trop haut et de manière imprécise, et ce bruitage,… Mon dieu ce bruitage !! Croyez-moi, si vous jouez plus de 10 minutes au jeu (ce qui serait déjà un exploit en soi), je vous assure qu’il viendra vous hanter tout le reste de la journée.

En plus d’une maniabilité complétement ratée, vous aurez le droit à une unique musique, basée sur 6 notes se répétant à l’infini et dont la moitié «s’effacent» lorsque le son du saut s’enclenche. C’est juste magnifique…
Heureusement, coté graphismes nous sommes un peu plus épargnés vu que ces derniers, à défaut d’être fouillés, sont simples, clairs et retranscrivent bien l’ambiance de la série.
Nous commençons donc dans la ville, aux commandes de l’élan Bullwinkle, où il faudra éviter des caniches errants, des méchants masqués tirés de la série, des trous géants et des lignes électriques défectueuses.
Il s’agit donc d’un jeu de plate-formes agrémenté de mini-jeux entre les principaux niveaux où les phases de gameplay varient : jeu de carte, jeu d’évitement d’obstacles sur un terrain de foot américain et… Un jeu de carte et un jeu d’évitement d’obstacles sur un terrain de foot amé…Mais attendez !!?? Ils ne nous prendraient pas un peu pour des jambons ?? Le recyclage de niveau est de mise ici. Et le pire est que cela ne s’arrête pas là, puisque vous retrouverez une partie du niveau 1 un peu plus loin dans le jeu.
Coté originalité, on repassera. Après la ville du niveau 1, on se retrouve dans le niveau traditionnel des égouts (youpi !! comme dirait notre cher JDG national), puis dans un niveau de la mine (re youpi !!!) puis de nouveau dans le décor du niveau 1… Bref…
Petite surprise tout de même, à un moment donné, on aura la «chance» de contrôler Rocky, l’écureuil, qui possède le même souci de latence (ça aurait été trop beau) mais dans un décor original : la lune ! Qui est encore plus dégueulasse que le niveau des égouts, je vous le donne en mille : la nuit, sur la lune, gris sur gris avec un personnage gris sur une console en noir et blanc…, c’était décidément la meilleure idée qu’aient pu avoir les dev…Non mais sérieux… La plupart du temps, je ne sais pas si je joue avec mon perso ou si je suis en train de me cogner dans un rocher grrrr.
Petit point positif, la musique change…
Bref, une fois les niveaux de la lune et de la mine passés, on reprend les commandes de Bullwinkle (super, il m’avait manqué !!) pour aller dans une bibliothèque interminable afin de libérer un ami ayant été kidnappé. Pas de boss, juste une multitude de plateformes et de pièges, le tout saupoudré d’une musique stressante qui fera saigner vos oreilles.
Et pouf c’est tout ! Petit texte et générique de fin. Au moins ils auront fait l’effort de faire quelques écrans pour agrémenter la fin du jeu, mais sincèrement, je doute que beaucoup de personnes aient eu la patience ou le skill pour y arriver.
Car oui, le jeu est difficile, de par ses contrôles foirés, ses sauts imprécis et la multitude de plate-formes à se farcir. C’est d’autant plus rageant qu’avec un peu plus de soin apporté, je reste persuadé que ce jeu aurait eu tout le potentiel pour être une référence : des persos et un univers attachants, une multitude de scénarios déjà écrits grâce à la série qui aurait pu donner l’occasion de se balader dans des décors originaux.
Bref, vous l’aurez compris, d’un point de vue gameplay, ce n’est pas un jeu que je vous conseillerais, mais d’un point de vue collection il reste très intéressant car il s’agit d’une exclusivité américaine, pas commune qui plus est…
Xavier GB (Unexist)


