Barbie, nous vivons une époque étrange….

Nous vivons une époque étrange. Notre société est en pleine mutation et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand on est un « Boomer » !
Tenez ! Un exemple de ce changement de paradigme : qui aurait pu croire, il y a encore 3-4 ans, qu’un film BARBIE, atteindrait le milliard de dollars de recette au box-office ?
Et qu’au contraire, des films d’action à gros budget, bideraient à la chaine comme c’est actuellement le cas ? Personne ! (Ou quasi)
Le succès cinématographique de Barbie est peut-être un exemple du changement des mentalités, ou simplement le constat d’une époque tellement angoissante que tout sujet un tant soit peu « léger » soit pris d’assaut, le fait est que, Barbie, a toujours été un phénomène de société.


Un peu d’histoire !
Depuis sa création en 1959 par Ruth Handler pour sa fille Barbara, cette poupée a toujours su parfaitement coller à son époque. Que cela soit par la mode ou par la représentation de la femme (qui fait encore débat aujourd’hui), mais elle est avant tout une formidable leçon de marketing, car Mattel (que l’on ne présente plus) a toujours su s’adapter en fonction de l’évolution de notre société tant au niveau des mœurs que de la technologie.
En effet, Mattel a su adapter sa poupée fétiche aux différents médias comme le cinéma, la TV, les magazines mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse ici : les jeux vidéo.
Dans les années 2000 avec la démocratisation des jeux vidéo auprès de tous et notamment auprès de la gent féminine et des enfants, les jeux Barbie se sont démultipliés. Mais dans les années 90, où le public cible était les jeunes garçons, c’était tout autre. Et il faut bien admettre que Mattel a eu le cran de sortir un jeu «pur Fille» à cette époque.
D’ailleurs, bien plus tôt que nous pourrions y penser. En effet, dès 1984 (!!), Barbie fut éditée sur Commodore 64 (hee non Guigui, rien sur ton Atari fétiche, je sais, c’est moche).
Nous avons ensuite eu le droit à Barbie sorti sur NES en 1991 et qui a eu la chance d’avoir un démontage en règle chez notre JDG national.
Puis Barbie Game Girl sur Game Boy en 1992, Barbie Super Model sur SNES, Megadrive et Game Gear en 1993 et enfin, Barbie Vacation Adventure sur SNES et Megadrive en 1994.
Et ce fut tout pour l’ère 8-16 bits. Quoique, l’on pourrait également parler de Barbie : Chasse au trésor sous marine sorti en 1999 sur Game Boy Color. (il y en a eu 3 autres sur GBC mais sortis en 2000).
Sur PC (et un tout petit peu sur Mac), il y a carrément eu 10 jeux entre 1993 et 1999. Essentiellement des Puzzle Game.
Sur notre console favorite, le seul est unique jeu Barbie fut Barbie Game Girl sorti en 1992 et développé par Imagineering à qui l’on doit d’autres chefs d’œuvre bousesques comme Adventures of Rocky and Bullwinkle and Friends (testé dans ce numéro), la série des Home Alone, The Ren & Stimpy Show: Space Cadet Adventures ou encore Jordan vs Bird, Turn and Burn…
Tout n’est pas négatif cependant car ils sont également derrière les deux premiers Bart Simpson (ainsi que les épisodes NES), qui, bien qu’ayant mauvaise réputation, sont tout de même bien sympa, ainsi que Rescue of Princesse Blobette qui restera, selon moi, leur meilleur jeu, devenu un classique depuis. A noter qu’ils sont aussi derrière le jeu Mouse Trap Hotel qui est également excellent.
Pour la petite histoire, Imagineering était un studio Américain basé dans le new Jersey qui a existé de 1988 à 1993 et qui appartenait à Absolute Entertainment (éditeur de jeux assez connu fin 80 /début 90).
Ils ont surtout développé des jeux sur Atari 2600 et Commodore 64 de 1988 à 1990; puis se sont spécialisés sur les consoles Nintendo en développant dès 1989 des jeux sur NES, Game Boy et Super NES.
Fin 92/début 93 le studio se fondit dans Absolute Entertainment, qui s’est ensuite occupé simultanément du développement et de l’édition de jeux vidéo, mais pas pour longtemps puisqu’ils firent faillite en 1995…


Et si l’on parlait de Barbie Game Girl plus explicitement ?
Déjà, Barbie sur Game boy est un jeu clivant ! Il divise autant qu’il fascine.
En effet, d’un coté nous avons un jeu très moyen avec un gameplay sans ambition, un scenario tenant sur le coin d’une serviette en papier (ou d’un rouleau de PQ c’est selon) : Barbie part faire des courses au centre commercial ! (v’la la séance de brainstorming pour lancer la prod du jeu vidéo), une réalisation aux fraises et des graphismes de merde fleurant bon le bubble gum (oui ! Le pouvoir magique de Barbie…).
Et d’un autre, vous avez un des jeux les plus rare du set FAH (pour ne parler que de celui-ci), qui ne s’était que très très peu vu il y a encore une petite dizaine d’années, qui possède une côte un peu folle et qui, même en loose, vaut son pesant de cacahuètes.
A l’époque des pionniers de la course au full set FAH dans les années 2008-2015 où tout restait encore à découvrir, Barbie faisait partie de ces titres ovniesques, tellement rares que l’on ne les avait encore jamais vu (ou quasi) et qui avaient acquis de fait une sorte de statut légendaire, comme Popeye 2, Kid Dracula et j’en passe. Ce coté légendaire est resté avec le temps. Même si certains exemplaires ont fini par refaire surface avec les années, Barbie reste un jeu toujours très compliqué à trouver.
Parallèlement à ça, et c’est à mon sens surtout pour cela qu’il fascine, il est le seul représentant de son espèce sur notre DMG. C’est-à-dire un jeu de filles, fait exclusivement pour ces dernières. Que cela soit au niveau de son packaging rose bonbon avec une photo cadrée d’une poupée Barbie random ou au niveau de son gameplay/histoire.

Cette simplicité dans l’édition et la cible qu’il vise, ce qu’il représente ou véhicule, couplé à la rareté même de l’objet fait que ce jeu qui aurait pourtant dû rester dans les limbes de l’oubli, a acquis de nos jours le statut de jeu « légendaire ».
Alors vous allez me dire, oui mais, sur Game Boy il y a eu aussi la petite sirène !! Certes, mais cela reste l’adaptation d’un dessin animé qui a touché énormément de monde à l’époque (filles comme garçons – moi le premier) et qui fait que ce personnage n’est pas QUE réservé aux filles. D’autant que le packaging du jeu (non orienté) et ses qualités intrinsèques en font un jeu jouable par tous.


Et côté collection alors ??
Barbie Game Girl, ce ne sont pas moins de 7 codes différents : USA, NOE, AUS, ESP, FAH, UKV et ITA.
Il existe aussi une version brésilienne «Playtronic» et des versions ont été importées comme la version USA en France, ou encore les versions AUS et USA en Allemagne, Grèce et j’en passe.

Niveau rareté, l’édition la plus simple à trouver est la version USA. Elle a la particularité d’avoir un sticker imprimé concernant une offre promotionnelle permettant d’obtenir un sac à l’époque et le «Barbie» qui est positionné différemment par rapport aux autres versions sur les tranches.
Les covers des autres versions ne changent pas entre elles, à part certaines différences de colorimétrie et l’apport de logos propres aux distributeurs de chaque pays.
Vient ensuite l’édition NOE qui se trouvait encore assez facilement il y a quelques années. Il existe également une réédition NOE-1, plus rare. Et ensuite, et bien c’est la foire à la saucisse….
En effet, les versions ESP, ITA, UKV, AUS et bien sûr FAH sont très difficile à trouver. Sans même parler de la version brésilienne. Si vous voulez mettre la main au panier, il faudra délier les liens de ses bourses et ne pas lésiner sur la liquidité.
Côté prix, les versions les plus abordables restent les versions USA et NOE. Les côtes varient pour les autres sets mais peuvent rester raisonnables si l’on est patient et la chance d’être au bon endroit au bon moment. La version la plus chère chez nous reste logiquement la FAH.
En ce qui concerne la chronologie, le jeu est d’abord sorti aux USA en septembre 92, puis sur le set NOE en octobre 92, AUS en novembre 92, FAH et UKV en décembre 92 et Italien en Mai 93.


Pourquoi une telle rareté ?
La raison la plus logique est que le jeu n’a pas dû être édité en grande quantité (5000 exemplaires minimum toutes zones confondues, quantité minimale de copies demandées par Nintendo pour lancer un jeu sur un marché) ou que ce dernier ne se soit pas très bien vendu.
Aux USA, celui-ci a dû rencontrer tout de même un certain succès vu que l’on en trouve encore facilement de nos jours, et qu’il existe au moins deux codes date d’impression différents pour ce marché.
En Allemagne, vu qu’il y a eu une réédition boite (voire sûrement une deuxième), le jeu a dû bien marcher aussi.
En revanche, les autres sets n’ont, à priori, connu aucune autre réédition ou réimpression, limitant de fait, le nombre d’exemplaires disponibles.
Tout ceci reste purement spéculatif vu que l’on n’a aucune information chiffrée permettant d’attester tel ou tel scénario.


Pour conclure :
Il est amusant de constater que n’importe quel sujet, aussi anecdotique soit-il, peut cacher en fait un chemin vers une véritable réflexion sur tout un pan du fonctionnement de notre société (marketing, image de la femme, etc.) ou même pointer sur un début d’approche sur la psychologie (pourquoi désirer ce qui est rare ou peu commun).

De mon point de vue, le jeu Barbie m’a fasciné dès le début de ma collection. Aucunement pour le jeu en lui-même, mais bien pour son coté inaccessible et «unique». je le voyais plus comme un «fantasme» de collectionneur et en cela, le jeu me faisait en quelque sorte «rêver».
En tant que collectionneur, je pense qu’il nous est tous arrivé de «rêver» au moins une fois d’un titre non pas pour ses qualités intrinsèques mais bien pour sa rareté ou son coté inaccessible. Barbie fait partie de ces titres.
Alors oui, il s’agit d’un petit jeu de plate-formes, sans prétention, mal réalisé, facile et sans grand intérêt; mais qui, par la force des choses, ce qu’il représente et ce qu’il véhicule, a pu s’élever à un rang qu’il n’aurait normalement jamais dû atteindre : celui d’une représentation, d’une icone de la collection (en plus de la mode, trop forte la Barbie).
Et en cela, ce titre a pour ma part, autant sa place dans une collection qu’un Zelda ou un Mario.
D’ailleurs, nombre de titres tout aussi bousesques ont atteint ce statut privilégié de «légende» grâce à leur rareté uniquement mais cela sera pour un prochain article.

Xavier GB (Unexist)

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