Ophide : the Snake Reborn

Objet culte de la fin des années 90, la série des Nokia 3210 / 3310 aura marqué la mémoire de toute une génération. Si sa résistance légendaire est certainement ce qui vient le premier à l’esprit, n’oublions pas que cette série de portables a également été une des premières à proposer des expériences ludiques sur téléphone. Eh oui, c’est très certainement sur ce système que nombre d’entre vous ont découvert le fameux Snake ; ce jeu désormais légendaire qui consiste à faire évoluer un serpent de pixel affamé dans un écran bien vide.

  • « Mais pourquoi cette introduction ? C’est super ce laïus « ah c’était mieux avant » de pré-boomer… mais où veux tu encore en venir, Eegbor ? »
  • « Et si je vous disais que je ne suis pas le seul nostalgique, et qu’il y a même un créateur de jeu (un peu fou) qui s’est dit que ce jeu était tellement iconique qu’il méritait de ressusciter sur Game Boy, vous me croyez ? Non ? Tant pis, je vous emmène quand même pour découvrir ça ! »

Manger / grandir / manger / grandir / ne pas se mordre sinon mourir

Pour être transparent, en insérant le jeu dans ma bonne vieille DMG, je me demandais bien comment un concept aussi simple que Snake pouvait justifier la création d’un nouveau jeu à part entière. Le concept est simple (et efficace), mais si c’est pour refaire à l’identique… Et bien Studio40 nous a montré que l’on pouvait encore faire des choses sympas aujourd’hui sur le concept !
Je vous épargne le principe séculaire de ce jeu (grossièrement rappelé dans le titre du chapitre) pour aller directement à ce que propose ce remake.

Tout d’abord, une fois passé le menu d’accueil, on se retrouve sur une carte « à la Mario Land 2 », affichant dès le départ les 4 mondes dans lesquels Ophide se baladera. Chaque monde se découpant lui-même en une dizaine de niveaux. Une fois un niveau terminé (généralement en ayant consommé un nombre pré-défini de morceaux, mais ça peut varier en fonction des modes de jeux), on peut accéder au suivant, et progresser pas à pas dans la map, un peu dans l’esprit d’un Candy Crush. Si le premier niveau reprend strictement le visuel du Snake originel (un bel écran vide), on comprend au fil des niveaux le premier apport du jeu : des arènes différentes à chaque niveau. Si les premières sont « simples » – quelques blocs de-ci de-là – elles vont s’avérer de plus en plus complexes au fil des niveaux, et on arrive au bout d’un moment sur des niveaux où le terrain va sacrément influer sur le jeu.

Réussir à faire grandir le serpent sans se mordre ou sans prendre un obstacle devient un véritable exercice de réflexion et de reflexe combiné. Et l’utilisation des « côtés » de l’écran – ouverts ou bloqués rajoute à la réflexion pour définir le meilleur chemin.
Ok, donc Ophide the Snake Reborn, c’est un Snake, avec des niveaux, et des obstacles évoluant d’un niveau à l’autre ? Oui. Mais pas que !! Et c’est là où le jeu prend de l’ampleur. C’est qu’en amont de l’accès à la carte, Studio40 nous permet de choisir au démarrage de la partie différents modes de jeu !!

  • Classic mode : rien à voir avec l’iconique morceau de Kry (ce vétéran de l’univers Game Boy, scannez le QR code sur le côté pour en découvrir le clip), ce mode porte bien son nom, puisqu’il ne se passera rien de spécial lorsque vous enchainerez les niveaux du jeu.
  • Devil fruits : ce mode de jeu est démoniaque. Plus de morceaux de serpent à consommer ici pour grandir. Ici, ce sont des fruits que l’on doit consommer. SAUF que des fruits, il y en a plusieurs types… et que chaque fruit va avoir des effets divers et variés. Si l’un te permet de grandir, l’autre de fera rétrécir, quand un autre … inversera les commandes. Arrrgghhhh !!
  • Magic keys 1 à 5 : vous démarrez ce mode de jeu en sélectionnant un nombre de clés, et ensuite vous attaquez la partie sur le jeu freezé, en voyant les clés numérotées. A vous alors de mémoriser la position de chaque clé, puis de lancer le jeu. Les numéros de clés disparaissent alors, à vous de les attraper dans l’ordre chronologique pour terminer le niveau !
  • Crazy bombs : dans ce mode, ce sont des bombes que vous devrez consommer… et dans un temps imparti, avant qu’elles n’explosent. Si ça peut paraitre anodin, ce mode est un des plus exigeants, car le délai d’explosion est vraiment très court, et on doit donc en permanence optimiser le chemin le plus court pour y accéder. Définitivement le mode le plus stressant.
  • Snake diet : ce mode vous fera démarrer avec un serpent « king size » dès le début, et l’objectif cette fois-ci est de faire décroitre votre serpent ! Ca peut paraitre trivial sur les premiers niveaux, mais ce mode est un enfer dès que l’on va démarrer dans une zone avec beaucoup d’obstacles. A devenir fou.
  • Earthquake : partant d’un écran vide, il se produit toutes les xx secondes un petit tremblement de terre, qui aura pour conséquence de faire apparaitre un trou de manière aléatoire sur l’arène. Anecdotique au début, l’arène devient rapidement un gruyère dans lequel évoluer devient un vrai casse-tête !
    Croyez-moi, mixer ces modes de jeu avec le côté retors de certains niveaux, on tombe vite dans du challenge « béton armé » passés les premiers niveaux !! Une forme de sadisme assumé par Studio40, j’en suis certain.

Et niveau réalisation, ca donne quoi ?

Bon, on ne va pas se mentir, un jeu de serpent, ça reste un jeu de serpent. Une tête, un corps, une queue. Une pomme pour faire grandir le corps. Quelques obstacles. Voilà. Si vous venez chercher l’explosion de rétine sur la beauté d’un enchevêtrement de pixels (Dragon’s Lair, mon amour), vous pouvez passer votre chemin.

Après on sent que Studio40 a tenu à apporter un effort particulier sur l’encapsulation graphique du jeu : les écrans d’introduction et de début de monde, le sprite d’Ophide et la map dans laquelle elle évolue, tous ces éléments sont visuellement très réussis. Un grand bravo à Oli donc, comparse d’Eric en charge de l’univers graphique sur ce jeu. D’ailleurs, Studio40 a tenu à rendre un petit hommage aux amoureux du Game Boy Printer en proposant aux joueurs dès le menu de départ une option permettant de visualiser tous les écrans du jeu, et le cas échéant de les imprimer sur le GB Printer ! Bel effort !
Niveau musique, il est bien heureux que l’on puisse couper le son de la Game Boy, car l’unique thème musical du jeu s’avère très vite répétitif.
Niveau jouabilité enfin, pas grand-chose à redire, c’est propre et fluide, on dirige bien le serpent, et quand on se vautre, difficile de l’imputer à autre chose que ses gros doigts de retrogamer.

Alors, au final ? Bien ? Ou bien ?

Vous l’aurez compris, Ophide the Snake Reborn est au final une déclinaison riche du concept du Snake original de nos vieux téléphones portables, sous une grande variété de modes de jeux possibles.
Si vous venez chercher le jeu d’aventure aux multiples rebondissements, je pense que vous aurez compris que vous pouvez passer votre chemin. Si par contre vous cherchez un petit jeu sympa, sur lequel vous allez pouvoir jouer quelques dizaines de minutes chaque jour comme on peut le faire sur les jeux mobiles, avec un niveau de challenge allant crescendo mais plutôt bien dosé au final, alors sautez dessus !

Si vous souhaitez vous procurer ce jeu, vous pouvez tout simplement le commander (quand il sortira, keep tuned) sur le site de Studio40, en scannant le QR code ci-dessous en fin d’article.

Nota bene :

  • le test ayant été réalisé sur une version beta gracieusement transmise par Eric, il est possible que de petits écarts existent avec l’expérience que vous vivrez avec la version finale.
  • les screenshots « couleurs » sont ceux de la version collector, sur GBC !

EEGBOR

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